Comment éviter l’espionnage lors des salons professionnels

Comment éviter l’espionnage lors des salons professionnels
Si les salons professionnels sont des terrains de chasse pour prospecter et conclure de nouveaux contrats, ils représentent aussi un danger pour l’information stratégique et technique des entreprises.

Chaque
salon connait son lot “d’espions” plus ou moins compétents et
offensifs. Dernier épisode croustillant en date, lors du Salon CES (Consumer
Electronics Show) qui s’est tenu à Las Vegas en janvier, s’est
produit une tentative manquée sur le stand de la start-up
EllcieHealty. A cette occasion Philippe Peyrard (ancien directeur général
d’Atol et fondateur de cette jeune entreprise) présentait ses toutes nouvelles
lunettes connectées anti-endormissement. Alors qu’il n’était pas présent sur le
stand, l’un de ses collaborateurs a bien failli se faire dérober une paire.
Pris sur le fait, le voleur s’est avéré être… le directeur de la stratégie
d’Atol, et donc l’un de ses anciens associés, le tout sous la supervision
d’Eric Plat, actuel président d’Atol, qui est lui aussi récemment monté au créneau
sur cette histoire.Pour grossière que fut la tentative,
elle démontre en tout cas que la problématique de collecte de l’information sur
les salons peut être considérée à très haut niveau dans les entreprises. Si le
président et l’un de ses directeurs n’hésitent pas à se mouiller chez Atol,
pour nombre d’autres entreprise, il est généralement privilégié un recours à
des professionnels beaucoup plus discrets et efficaces. Selon
Franck Tognini, consultant en intelligence économique, les salons sont en effet
la troisième source d’information après la presse
et internet. Durant ce type de manifestations, la collecte d’informations peut
tout à fait être légale. Charge à chacun d’être plus ou moins offensif et de se
saisir des opportunités.Des vulnérabilités à l’ouverture et à la fermeture

Exemple
concret avec deux moments privilégiés : avant l’ouverture et après la
fermeture. Et cela commence dès l’installation des stands qui se fait parfois
par des non-professionnels, un moment où les langues se délient et où il est
facile d’intercepter de l’information. De la même façon, chaque matin, une
quinzaine de minute avant l’ouverture au public, les stands sont souvent livrés
à eux-mêmes. Sur ces derniers sont laissés en libre accès cartes de visites et
documents en tout genre. Il en va de même pour la fermeture. Une fois le salon
terminé, la majorité des exposants souhaitent s’en aller le plus rapidement
possible et laissent bien souvent sur place des informations, qui, à défaut de
terminer à la poubelle risquent de se retrouver entre les “mauvaises” mains.

Cependant,
la vigilance doit être une question de chaque instant durant la tenue du salon.
Certains usent de stratagèmes bien plus discrets que chez Atol. Au salon de
l’automobile par exemple, où certains se prennent en photo devant des voitures alors
qu’ils sont vêtus de chemises à carreaux calibrés pour mesurer les écarts entre
les éléments de carrosserie. D’autres envoient des stagiaires se faire passer
pour des étudiants en pleine rédaction de thèse. Les concurrents ne soupçonnant
pas la menace parlent librement. D’autres encore envoient des commerciaux
monopoliser l’attention des concurrents sur leur stand afin que leurs clients,
las de patienter, se tournent vers leur propre stand… Adopter les bon réflexesCes
techniques sont tout à faut légales et il faut bien comprendre que sur les salons
les opportunités comptent autant que les risques. Il existe tout de même des
façons de les limiter : ne jamais rien laisser sur le stand, exposer ses
produits sous des vitrines closes, et concevoir des espaces clos de négociation
pour éviter d’être écouté. Une consigne également essentielle : ne jamais
laisser le stand sans surveillance. Parfois il vaut même mieux fermer le stand
plutôt que de le laisser aux mains d’un stagiaire qui risquerait de laisser
s’échapper des informations cruciales par mégarde. Par ailleurs, il convient
d’observer tout le monde. D’une part ses clients : sur quels stands
vont-ils et que recherchent ils ? D’autre part, il est intéressant
d’observer ses concurrents : Qui reçoivent ils ? Quels sont leurs
fournisseurs ? Avec qui envisagent ils de faire des partenariats ? Pour
ces raisons, il est indispensable de préparer au mieux les collaborateurs qui
se rendent sur les salons. Il faut y envoyer les meilleurs, ceux qui sont
capables de collecter de l’information mais aussi de protéger la leur.
source: Journal du net

By | 2018-02-01T00:16:15+00:00 février 1st, 2018|Categories: web|